Hauts lieux de parachutages de guerre en Belgique Somme Leuze, Bonsin,Ocquier et Petite Somme.


 dagger commandoUn sapin, un seringa sont des arbres d’ornement, là s’arrête l’intérêt que porte le commun des mortels à ces arbres de jardin. Pour les hommes de la Résistance appartenant au refuge rhinocéros du groupe IV de l’Armée Secrète il s’agissait de l’appellation donnée à deux terrains de parachutage, les plaines « Sapin » et « Seringa »

anidagger.gifTout avait commencé en mars 1944, lorsqu’un jeune maître-artisan de Somme Leuze , nommé Alphonse Laffut avait été demandé au « Château Stasse » pour s’entendre dire par son ami Pierre Stasse, plus tard administrateur-délégué du journal « Les Sports », et par un jeune officier de l’état-major de la zone V de l’Armée Secrète, nommé Pierre Dambois, qu’il fallait constituer un « Comité d’accueil » et surtout préparer une infrastructure propre à organiser des parachutages d’hommes et de matériel dans la région.

anidagger.gifAlphonse Laffut, enfant du pays, n’eut aucune difficulté à recruter parmi les jeunes des villages environnants, des enthousiastes pour les missions demandées. Vingt-six d’entre eux furent sélectionnés pour participer à la mise en place de l’infrastructure opérationnelle : les opérateurs de radio pour les contacts avec les avions de parachutage, l’équipe de balisage, les équipes chargées de récupérer les parachutistes et les containers et de les mettre à l’abri une fois le parachutage terminé, une équipe de protection périphérique chargée de la sécurité et, enfin, l’équipe responsable d’effacer toute trace de ce qui s’était passé la nuit. La mise au courant et l’entraînement des différents protagonistes de l’opération étant effectuée par des agents parachutistes venus spécialement de Londres pour ce faire.

Vingt-six hommes furent rassemblés, parmi ceux-ci :Alphonse Laffut de Somme Leuze.Emile Brack de Vielsam•Henri Polet de Charlerois•Albert Delvaux de Jemeppe sur Meuse•Joseph Jadot de Jemeppe sur Meuse•Alexis Boulanger de Somme Leuze•Gaston Marchal de Somme Leuze•Ernest Polet de Mean•Raymond Carriaux de Somme Leuze•François Collignon de Somme Leuze• Fernand Scalais de Jemeppe-Sur Meuse•Emile Dujardin de Somme Leuze•Désiré Dujardin de Somme Leuze• Lambert Barzin de Somme Leuze•Louis Colson de Gros Chene•François Warzee de Gros Chene•Robert Godefroid de Gros Chene•Achile Thiry de Gros Chene•Omer Antoine de Somme Leuze•Albert Quoibion de Somme Leuze•Camille Qoibion de Somme Leuze• Emile Piron de Petite Somme (Les Basses )•Octave Piron de Petite Somme (Les Basses)•Abbé Bonmariage de Bonsin•Jean-Hubert Delhez de Bruxelles•Maurice Gaspard d'Ocquier.
anidagger.gif Deux terrains de parachutage furent donc choisis, le premier situé sur la crête surplombant les villages de Somme Leuze, Bonsin , Ocquier et Petite Somme et l’autre surplombant l’ourthe à Enneilles, le long de la route de Liège à Marche .La première plaine fut appelée « Sapin » et la seconde « Seringa ».Il fut convenu avec Londres que les parachutages seraient annoncés par la B.B.C. grâce à des messages personnels diffusés à l’issue des journaux parlés. En prévision des opérations, le groupe d’hommes avait été réparti en plusieurs équipes de nombre et d’importance différents. Cinq hommes sous le commandement d’Alphonse Lafut,chef de plaines, s’occupaient du balisage. Parmi eux, l’Abbé Bonmariage, curé de Bonsin qui avait rassemblé toutes les notions d’anglais manipulait l’S/Phone, appareil de radio, portatif, avec antenne directionnelle pour les communications directes avec l’équipage des avions.

anidagger.gifDeux hommes, Delhez et Gaspard qui avaient été initiés aux arcanes de la radio et aux subtilités du code « Morse » par un agent parachutiste nommé Bultot venu tout droit de Londres , manipulaient l’appareil Eureka/Rebecca, une balise radio-électrique qui constituait une aide à la navigation pour les avions de bombardement et de parachutage pendant leur survol de la Belgique. Deux autres hommes, Emile Piron et son fils Octave, les propriétaires de la Ferme des Basses, toute proche de la plaine Sapin , étaient chargés avec leurs chevaux et tombereau de transporter en lieux surs le matériel parachuté.Le restant du groupe soit dix-sept hommes étaient chargés de la garde de la plaine et de ses accès.
                           
                                            Jean delhez g et maurice gaspard dr sur la plaine sapin 1944
                          Jean Delhez(g) et Maurice Gaspard(dr) sur la Plaine-Sapin 1944

            Premier parachutage  Paratroop belgium corea     Dagota parachutage 1
anidagger.gifLe premier parachutage fut annoncé pour le 5 avril 1944, le message personnel transmis par la B.B.C. annonçait : « Message pour Charles : le Sapin n’est pas l’arbre des enfants : il y aura deux bougies ».Dès 22h. le dispositif de réception fut mis en place, nonobstant un vent fort d’ouest. Le temps était sombre, pluvieux et froid. Vers 02h., un faible bruit d’avion fut entendu vers l’Ouest ; l’attente perdura en vain jusqu’à 04h. du matin mais aucun avion ne survola les environs.

anidagger.gifUne deuxième annonce eut lieu le 10 avril suivant. Le temps cette fois était très clair, la température douce et le vent faible d’ouest. Vers 01h25 un bruit d’avion fut perçu venant de l’ouest et bientôt l’appareil fut aperçu volant à basse altitude. Aussitôt l’ordre fut donné d’allumer les lampes du balisage et l’Abbé Bonmariage par l’intermédiaire de l’S/Phone lança son appel. Immédiatement l’avion répondait en allumant des feux de couleur rouge et le parachutage commença. D’abord des containers, ensuite deux hommes et enfin des colis.

anidagger.gifUn des parachutistes tomba sur la plaine, il s’appelait François Mathot (Annette), l’autre Albert Melot (Colette) tomba sur un arbre à l’orée du bois ; les containers tombèrent tous sur la plaine tandis que les colis s’éparpillaient dans un bois voisin. Le matériel qui consistait en armes, en explosifs, en munition et en appareils de transmissions radios fut transporté par la famille Piron et répartis dans plusieurs dépôts camouflés dans les bois de Somme Leuze et d’Ocquier. Les parachutistes Mathot et Melot furent conduits par Jean Delhez et Maurice Gaspard dans la baraque en bois, cachée au milieu des sapins, où ils gîtaient depuis plusieurs mois. Cette baraque construite par les soins d’Alphonse Laffut et sur un terrain dont il était propriétaire était située dans le bois de Soma à Somme Leuze .

anidagger.gif François Mathot et Albert Melot restèrent cachés dans la baraque du bois de SOMA jusqu’au 12 avril 1944 ; ils furent ensuite conduits à Jemeooe Sur Meuse. L’un pris place dans le camion d’Albert Delvaux, entrepreneur de travaux et qui de ce fait jouissait d’un laisser-passer, tandis que l’autre faisait le voyage dans la voiture d’un certain M. Julien Lambert , également de Jemeppe .


anidagger.gifAprès une carrière fertile et particulièrement honorable, les deux agents parachutistes vivent toujours. François Mathot après avoir été de longues années un officier réputé et estimé au Rgt para-Commando est maintenant pensionné. Albert Melot est aujourd’hui encore, un magistrat considéré à Namur.

                              Rare document et photos de l'abbé Bonmariage 

 Abbe bonmariage 1950       

           Deuxième parachutage  Paratroop belgium corea       Dagota parachutage 1

anidagger.gifLe deuxième parachutage eut lieu le 30 avril 1944, également sur la plaine « SAPIN ». Il avait été annoncé par le message personnel convenu : « Le sapin n’est pas l’arbre des enfants ; il y aura deux pommes ». Le temps était très clair, la température douce et le vent calme. Jusqu’à 01h., des avions passèrent sans discontinuer, lançant des fusées et des bombes dans la direction de la MEUSE.

anidagger.gifSoudain, vers 01h.30, un faible bruit d’avion parvint dans la direction du Nord-ouest. A 01h.35, les balises furent allumées et l’S/Phone lança son appel ; l’avion passa à basse altitude sans faire aucun signal de reconnaissance et il disparut à l’horizon. Vers 01h.45, l’avion revint, les feux furent allumés et l’avion commença son approche. Très vite, le parachutage débuta : d’abord les containers, ensuite les hommes et enfin les colis. Les containers tombèrent au milieu de la plaine, ainsi qu’un parachutiste ; l’autre tomba trois cents mètres plus loin. Les deux agents parachutistes s’appelaient Marcel Bufkens (Handback ) et Paul L’Hoest (SACK).

anidagger.gifTout à coup des détonations retentirent dans la direction de BONSIN. Les deux parachutistes furent mis en sécurité tandis qu’Alphonse Laffut se dirigeait dans la direction de l’endroit d’où étaient parvenus les coups de feu. Après une brève enquête il apparut que les coups de feu avaient été tirés en direction de trois individus qui s’étaient approchés et s’étaient ensuite enfuis à la sommation. Bien longtemps, plus tard, on su qu’il s’agissait d’ouvriers de ferme qui revenant d’une soirée passée dans une ferme des environs avaient été intrigués par le manège de l’avion. L’un d’eux, alléché par la récompense attribuée aux dénonciateurs de résistants, dénonça les parachutages qui avaient lieu dans la région. Découvert, grâce à une lettre signée et interceptée avant d’arriver à sa destination à la Kommandature, il fut exécuté.

anidagger.gif Ce parachutage eut d’autres suites encore. Un des deux parachutistes qui avaient été dirigés sur Bruxelles après mille péripéties, fut arrêté par la Gestapo . Celle-ci fit une descente au domicile d’Albert Delvaux, l’entrepreneur de Jemeppe. En l’absence de son mari, Madame Delvaux fut arrêtée et conduite à la prison St. Léonard à Liège, le 19 juillet 1944. Madame Delvaux subit plusieurs interrogatoires : au cours de l’un d’eux, elle fut confrontée avec l’agent parachutiste L’Hoest. Madame Delvaux resta en prison jusqu’à la libération quant à l’agent parachutiste L’hoest, il fut libéré par les Alliés à Liège  le 7 septembre 1944. Marcel Bufken après une brillante carrière à la Sabena est maintenant pensionné. Paul L’Hoest est mort au champ d’honneur pour la France en Indochine .

    Autres parachutages  Paratroop belgium corea            Paratroop belgium corea

anidagger.gifPlusieurs autres opérations parachutées eurent lieu encore, notamment les 9 et 29 mai, le 2 juin, les 6, 25 et 31 août, enfin les 1er et 2 septembre 1944. Le 9 mai suite à la dénonciation évoquée plus haut, les Allemands eurent vent du parachutage et le 14 s’amenèrent en force sur le terrain – ils n’y découvrirent que des caisses vides : ils se rendirent alors à la Ferme des Basses et ils accusèrent Emile Piron d’avoir pris part au parachutage, d’avoir procédé au transport avec ses chevaux et aussi de bien connaître « le chef des terroristes ». Avec courage Emile Piron nia les choses et celles-ci en restèrent là. Emile Piron,que tous les Résistants estimaient, avait alors 55 ans : il est maintenant décédé.

anidagger.gifLe 29 mai, malgré la mise en place du dispositif de balisage « SERINGA », le parachutage n’eut pas lieu.

anidagger.gifLe 2 juin, toujours sur « SERINGA » : « message pour Coccinelle, le ‘Seringa’ ne portera pas de fleurs et il aura deux feuilles ».

Le parachutage eut lieu nonobstant la présence dans les environs du village de Maffe (+- 4 km à vol d’oiseau) de 28 camions transportant des Allemands. L’avion de parachutage lança son contenu soit vingt containers, cinq colis et deux hommes après avoir tourné quatre fois autour de la plaine avec vraiment peu de discrétion.

Les deux parachutistes étaient Maurice Bertrand (Diane ) et Gaston Collignon ( Lochet ). Maurice Bertrand vit toujours mais Gaston Collignon est décédé.

Le contenu des containers étaient destinés aux hommes du colonel de Callatay au Château de Courrière : une fois de plus ils avaient été transportés par les soins d’Albert Delvaux de Jemeppe .

Contenu du container Voici, à titre documentaire, le contenu d'un fût "H3" et d'un fût "C1" Container "H3" : Cellule A : 31,5 Kg - Mitraillettes "Sten" et accessoires 3 - Magasins vide 15 - Munitions 900 - Chargeurs 3 Cellule B : 29 Kg - Grenades Mills 30 - Détonateurs 36 - Sachets de pansement 6  - Cellule C : 24 Kg - Idem A mais deux Stens - Cellule D : 22,5 kg - Revolvers américains 5 - P 45 250 - Sachets de pansement 6 - Grenades Mills "75" 10 - Détonateurs 12 - Cellule E : 18,5 Kg - Grenades 82 (Gammon) 8 - Explosif plastic 8 kg - Mèche Bickford 8 m - Allumeurs 2 boites - Ruban adhésif 1 rouleau Container C1 : 136,5 Kg - Fusils mitrailleurs "BREN" complets 2 - Magasins 16 - Coups 2.000 Panier

Un panier peut contenir, par exemple : - 2 bombes Piat- 1 tente + 80 litres d'essence - Chocolat, cigarettes, rations.

anidagger.gifLa plupart de ces engins nous étaient parfaitement inconnus. A défaut d'instructeurs, l'expéditeur procurait une documentation, souvent imprimée en anglais, qui donnait la composition des containers de type standard et le mode d'emploi succinct des articles que l'on pouvait y découvrir. Pour l'arme collective principale dont nous disposions, le "Bren gun", la brochure y relative était plus détaillée.

 containair parachutage Un container de parachutage pour fusils mitrailleurs large

anidagger.gifLes armes seront dé camouflées et dégraissées pour être remises aux maquisards des deux compagnies mobilisées les 11 et 13 juin. 350 hommes seront largement pourvus. Les saboteurs utiliseront efficacement les explosifs. 300 kg d'explosifs et 19 Stens seront d'ailleurs livrées au Commandant de Secteur.

anidagger.gifLe 7 septembre 1944, Brens, carabines américaines, Stens et des munitions seront livrés aux héroïques maquisards d'Anvers.

anidagger.gifEn octobre 1944, les armes seront évacuées via le Commandant de Secteur.

anidagger.gifLe 2 août, j'attendrai un parachutage mais l'avion ne viendra pas.

D'autres parachutages suivront et notre plus beau souvenir sera, certes, celui du parachutage du Eddy blondeel Capitaine Blunt, l'actuel colonel Blondeel, et de 7 S.A.S. (Spécial Air Service), le 29 août à 02.25 h, et leur première nuit dans le petit village de Rienne. Le grand capitaine tombe vraiment à mes pieds, se débarrasse de son parachute et est prêt au combat. Je le rassure en lui disant qu'il est entouré de 350 maquisards. Et mes hommes le conduisent dans la hutte qu'ils m'ont fabriquée (cloisons en sapin et toit en carton bitumé). Après avoir dégusté une tasse de café bien chaud, le capitaine s'étend sur mon petit lit de fer, et je le retrouve, dormant du sommeil du juste, ses grandes jambes passant à travers les barreaux. Le matériel reçu avait été rangé entre-temps (3 containers pour les S.A.S. et cinq pour nous, ainsi qu'un veto). Il était frappé par l'efficacité déployée par l'organisation. Le lendemain, nous le conduirons au P.C. du commandant Barthelemy.J'apprendrai plus tard qu'il y fut accueilli ... au Bourgogne, avant de continuer à remplir sa mission de harcèlement.


anidagger.gifLe 1er septembre, nous recevons le capitaine Debefve et 15 S.A.S., ainsi que 19 containers et 3 paniers. Un homme, accroché dans un sapin, est blessé. Mais, de cette date, nous gardons un souvenir amer, car, ce jour-là, la sous-section 2 commandée par le sous-lieutenant de réserve R. Hustin, des Chasseurs Ardennais, est encerclée dans les bois de Graide, et ... 17 jeunes gens y seront massacrés. Nous honorons leur mémoire chaque premier dimanche de septembre au pied du monument de Graide.

Sterling Parachutage container

anidagger.gifNotre plus beau spectacle eut lieu dans la nuit du 5 au 6 septembre 1944. Je ne me souviens plus du message : "Gordits est un laboureur qui devient roi", ou bien "Le grenadier est un soldat, il recevra 2 x 12 fusils". Toujours est-il que nos 350 hommes gardent la plaine de Bourseigne-Neuve. A minuit, un premier avion "Stirling" nous largue 4 hommes, dont 1 Lt-médecin Limbosch et 1er "padre" Jourdain , ainsi que 22 containers et 3 paniers, dont malheureusement quelques-uns s'écraseront au sol.

anidagger.gifMais notre ébahissement n'est pas terminé : à 02.30 h, deux avions tournoient et on ne sait plus où récolter ... 2 jeeps, 12 containers, 4 paniers et 4 hommes dont deux chauffeurs. Incroyable ... ! A nos yeux éberlués, les dispositifs amortisseurs des jeeps, pesant 300 kg environ, sont démontés, les mitrailleuses parachutées par containers sont récupérées et montées sur jeeps et les moteurs tournent ... Cela a duré 15 minutes ... et les S.A.S. voguent vers de nouvelles reconnaissances. Quelle apothéose ...! Quel boulot ...! Mais quel immense plaisir et quel merveilleux souvenir ...! Merci à tous mes camarades maquisards ...!

anidagger.gifLe 6 septembre 1944, les troupes américaines entrent à Rienne. C'est la délivrance et la joie ...! Merci à Sa Majesté Britannique, qui, le 24 décembre 1947, a bien voulu me décerner la "King's Medal for courage in the cause of Freedom".

anidagger.gifLes 6, 25 et 31 août, malgré des conditions météorologiques idéales et la mise en place du dispositif de balisage ; malgré la présence et le passage d’ »avions à proximité immédiate de la plaine « SERINGA », aucun parachutage n’eut lieu.


anidagger.gifLe 1er septembre 1944 sur annonce du message : « SOPHOCLE est un philosophe grec », un nouveau parachutage survint, qui, si les événements et les circonstances s’étaient maintenus aurait eu une forte incidence sur l’évolution des opérations de guerre en Ardenne.A cette époque de fortes unités allemandes refluaient vers l’Allemagne. Sans discontinuer des colonnes de camions roulaient sur la grand-route Liège Marche bordant la plaine « SERINGA » au Sud. Ce soir-là, vers 01h15, un avion volant très bas, survola la plaine et lâcha à nouveau vingt-quatre containers. Après le lâché, Alphonse Laffut ordonna le ramassage ; quel ne fut pas son étonnement quand il constata parmi les parachutes et les containers, qu’il y avait 4 parachutistes en uniforme, commandés par un major anglais. Ces hommes avaient nom de : Hugh Fraser, major • Charles Mathys , Lieutenant • Raymond Barette , Soldat radio • Marcel Demery, Soldat

anidagger.gifCes quatre hommes, des parachutistes S.A.S. (1) avaient été parachutés en avant-garde de l’opération Brutus .

Brutus était une opération parachutée de grande envergure voulue par les Alliés. En effet, ceux-ci estimaient qu’aux cours d’opérations de guerres ultérieures, leurs troupes rencontreraient vraisemblablement une forte résistance sur la Meuse, où croyaient-ils, les Allemands s’accrocheraient avec la dernière énergie. Dans leur esprit, afin de réduire cette résistance allemande il était nécessaire de prévoir plusieurs opérations dans le but de harceler l’adversaire et d’ainsi le démoraliser.
Quatre opérations étaient prévues sur les arrières de l’ennemi depuis Sedan jusqu’à Liège.

L’opération Noah visait à contrôler le S.O. de la Belgique : l’opération Brutus contrôlerait le Centre-Sud : tandis que l’opération Berbang contrôlerait le S.E. Or, l’évolution rapide de la situation et la retraite allemande s’amplifiant, les Alliés réalisèrent qu’une opération parachutée de grande envergure ne serait pas nécessaire et de ce fait, celle-ci fut annulée. Il n’empêche que les parachutistes S.A.S. se trouvant à pied d’œuvre, ceux-ci se mirent à la disposition du Commandant de la zone V de l’Armée Secrète, le Major André Bastin. Chaque groupe de parachutistes S.A.S. fut très actif dans son aire d’opération. Noah, dans la région de Sedan,Paliseul, Gedinne , Orchimont et Buissonville collabora avec les maquis français de Bllardiere et belge D. Ryelandt

S.A.S. SPECIAL AIR SERVICE, Troupes spécialisées dans le renseignement, le sabotage et le harcèlement.
Plus tard, Général de l’armée française qui s’illustra en Algérie Plus tard, Directeur Général de l’Agence Belga à Bruxelles,Décédé en octobre 81.

anidagger.gifBRUTUS, dans la région de Marche sous le commandement du Major Hugh Fraser opéra au profit du Major André Bastin, Commandant de la zone V de l’A.S. Il n’est pas inutile de rappeler la valeur et la sympathique personnalité du Major Hugh Fraser à qui la population des régions de l’Oourthe doivent d’avoir peu subi de représailles de la part des Allemands au cours des opérations de guerre qui suivirent. En effet, Fraser réalisa très tôt, grâce à des reconnaissances sur le terrain, qu’une opération dans la région de l’Ourthe où les Allemands étaient fortement implantés serait dangereuse pour la population.

anidagger.gifFRASER est l’homme qui conseilla au Major André Bastin de limiter les opérations d’embuscades, de sabotages et de harcèlement dans cette région. Fraser est aussi l’homme qui osa dans un rapport aux autorités britanniques critiquer le peu de moyens qui furent, dans l’ensemble, donnés aux Résistants Belges. Son rapport daté du 18 septembre 1944 se termine comme ceci : « Le courage de l’Ardennais fut épique : l’échec de l’aide apportée par les mouvements du monde libre extérieur fut un scandale et, militairement parlant, une imbécillité ». Actuellement Hugh FRASER est membre du Parlement britannique ; il est devenu un des hommes politiques les plus écoutés de son pays.

Opération Berbang  : Dans la région du Sud-Est commença mal pour les deux groupes qui devaient y participer.D’une part, le 2 septembre vers 01h. un premier groupe sous les ordres du Capitaine Jean Casart (Courtois) devait sauter sur une « dropping zone » (DZ) à Solwaster  près de Spa. Suite à une erreur de navigation, cette DZ ne fût pas trouvée et le pilote préféra parachuter ses parachutistes sur une DZ qu’il connaissait mieux, la plaine « SAPIN » à SOMME-LEUZE, ce qu’il fit nonobstant le fait que le Comité de réception n’était pas averti et que par conséquent le balisage n’était pas allumé.Le pilote lança ses parachutistes « blind », c’est-à-dire dans le « Noir », à l’aveuglette, il s’agissait des parachutistes S.A.S. ;Jean Cassart, Capitaine • D. Demoor , Caporal • W DE Heusch, Soldat • J. Quirain N, Soldat • J. Thevissen , Soldat

anidagger.gifLes parachutistes S.A.S. tombèrent au lieu-dit « Bayir » à quelques centaines de mètres de la plaine « SAPIN ». Willy DE HEUSCH raconte qu’encore étourdi par l’atterrissage il vit tomber tout près de lui, le parachutiste QUIRAIN. Au sol, les parachutes à peine dégrafés, ils entendirent et puis virent sur la route de DURBUY toute proche, des véhicules allemands roulant à petite vitesse, tous phares éteints. Willy DE HEUSCH et J. QUIRAIN eurent juste le temps de rassembler rapidement la soie de leurs parachutes et de se mettre à plat ventre sur la soie étalée au sol pour les masquer. Heureusement, les parachutistes ne furent pas aperçus.


anidagger.gifQuelques minutes plus tard ils frappaient à la porte de la Ferme du Moulin de Bayir pour se renseigner sur leur position. Le fermier leur offrit l’hospitalité, qu’ils refusèrent afin de ne pas mettre la sécurité du fermier et de sa famille en danger : ils préférèrent loger dans le bois tout proche à l’abri d’une charrette. Ce n’est que le lendemain que Cassart et les autres parachutistes rejoignirent la Ferme du Moulin de BAYIR.


anidagger.gifLe 4 septembre, le groupe Cassart , après s’être reposé et restauré se mit en route pour rejoindre la région de BRONROMME où un autre parachutage, celui du deuxième groupe, était annoncé pour le 5.Hélas, en cours de route sur le chemin de Petite Somme, pas bien loin du Château, le groupe buta sur un parti de Russes Blancs (Vlassov ), partisans des Allemands.


anidagger.gifLe Capitaine Cassart et le Lieutenant Dambois qui cheminaient non-armés, en avant du groupe de parachutistes furent arrêtés, tandis que les parachutistes S.A.S. surpris, se tenaient à couvert d’un taillis boisé.Cassart ne peut empêcher que Dambois soit grièvement blessé, quant à lui il fut fait prisonnier et emmené pour interrogatoire dans une maison de Septon.C’est là que la Résistance avertie par les parachutistes S.A.S. dressèrent une embuscade aux Russes, ce qui permit à Casart de s’enfuir dans les bois avoisinants. Lors de cette embuscade, les résistants eurent trois tués dont un blessé achevé sur place par les Russes, ceux-ci eurent deux tués et plusieurs blessés qu’ils emmenèrent dans leur retraite.On sut plus tard que le malheureux Lieutenant Dambois avait été achevé sur place à l’endroit de son arrestation. Son corps fut trouvé, caché derrière une haie deux jours après, par une jeune fermière, Irène Roussel et moi-même alors que nous allions rechercher les bêtes en prairie. Le corps de Dambois était complètement nu, il avait été dépossédé de ses chaussures et de ses vêtements civils : le torse était criblé de balles de mitraillette.


anidagger.gifLe Capitaine Cassart qui, après la guerre, devint attaché militaire belge à La Haye et ensuite Commandant du 1er Bataillon Parachutiste S.A.S. est mort le 30 septembre 1980 après une vie active et très aventureuse.

Le deuxième groupe de Berbang commandé par le lieutenant R. Van der Heyden , qui devait être parachuté sur la DZ de Bronronne  (Chevreuil Hervreuil ) loupa également son arrivée. Attaqué par la chasse allemande, l’avion dut faire détours sur détours, se perdit et plutôt que de rentrer en Angleterre avec ses parachutistes, préféra les lancer « blind ». Arrivés au sol et se croyant en Belgique, les S.A.S. furent stupéfaits de constater qu’ils étaient en Allemagne. C’était le 6 septembre, et le groupe avait été parachuté à 3 km au sud de Monschauw, c’est-à-dire, derrière la ‘ligne Siegfried’ : ils furent donc les premiers Alliés en uniforme à pénétrer en Allemagne Le groupe du Lieutenant Van Der Heyden composé des sergents Crevecoeur, Emonts Pohl et Flasschoen,plus les S.A.S. Polain, J. Demery ,Moreau,Baslt,Delvigne,Oosters et Mas rentra en Belgique après une marche épique au travers des lignes allemandes. C’est ce groupe qui, entre-autre, occasionna de lourdes pertes au cours d’embuscades répétées à l’État-major de la 2ème Panzer SS, installé à Sart, à quelques kilomètres de son aire d’opération.


anidagger.gifJusqu’à ce jour, cet exploit était attribué au 85ème escadron de reconnaissance américain, le 11 septembre 1944 près de Stolzenburg .


anidagger.gifLe Lieutenant VAN DER HEYDEN, actuellement pensionné fut commandant du Régiment Para Commando (1960/62) et ensuite Lieutenant-Général, commandant des Forces Belges en Allemagne.

anidagger.gifBeaucoup de choses et d’événements sont encore à raconter à propos de la Résistance à Somme Leuze, Bonsin, Ocquier. D’autres exploits à l’actif des parachutistes S.A.S. sont encore à écrire, ceux de Jean Cassart et de Hugh Fraser et de leurs hommes par exemple : un jour peut-être le ferais-je …

anidagger.gifAujourd’hui plus de 35 ans après ces événements de guerre, alors que les souvenirs s’estompent, alors que les mentalités changent et ont plutôt une tendance à l’oubli, je crois qu’il est temps de rappeler le magnifique dévouement de ces garçons et ces filles d’Ardenne et de Flandre unanimement unis pour la défense d’un pays en qui eux croyaient.Beaucoup d’entre eux ont maintenant disparu. Il reste encore des survivants, ils sont trop nombreux pour les citer tous, qu’ils soient ici remerciés.

         Souvenirs et mémoires de Résistants :

anidagger.gifLa « Plaine Sapin » dans le Condroz fut un site important de parachutages alliés durant la dernière guerre. Aujourd’hui, des anciens combattants entendent en perpétuer le souvenir.T ranches d’histoire....

 

anidagger.gif« Un jour, un fermier découvrit des soldats de la Waffen SS dans son fenil. Aussitôt, il ôta ses sabots pour courir plus vite nous chercher. Nous étions un petit groupe de jeunes résistants. Nous avons alors encerclé la ferme et les avons obligés à descendre pour les livrer aux Américains. » Cette histoire, Louis Colson la raconte avec fierté. A juste titre. Cet homme d’une septantaine d’années est aujourd’hui président de la Fraternelle de la « Plaine Sapin », l’une des 130 Fraternelles de l’Armée secrète (FAS), qui regroupent des anciens combattants.

anidagger.gifSitué à la frontière des provinces de Namur, Liège et Luxembourg, sur le territoire de la commune de Somme-Leuze, ce bout de campagne fut un lieu stratégique pour les parachutages alliés. A cet endroit, au lendemain de la capitulation belge du 28 mai 1940, naquirent les premiers îlots de résistance. Les tâches étaient bien structurées. Outre la transmission par radio de renseignements sur les activités de l’occupant allemand et le sabotage de leurs lignes de communication, ils organisaient le parachutage d’hommes et de matériel. C’est donc ici qu’œuvraient, dans les nuits sombres et froides, Louis Colson et ses hommes. Toujours sur le qui-vive, ils avaient pour mission de réceptionner les conteneurs remplis d’armes, d’explosifs, d’équipements tombés du ciel ou encore des soldats britanniques qui atterrissaient parfois dans les arbres ! « Avec eux, nous utilisions des mots de passe. Quand ils disaient ‘Robert’, nous répondions ‘Poulet’ », se souvient Louis Godfroid.

anidagger.gifLes parachutages ne devaient avoir lieu que durant les nuits sans lune et sans trop de vent. Le printemps et l’été de l’année 1944 furent les plus importants avec le largage de plus de 120 conteneurs. Une fois au sol, il fallait les cacher sous la terre et effacer toute trace de ce qui c’était passé la nuit…Ainsi se déroulaient les nuits des maquis. La journée, à l’abri des regards, les hommes travaillaient à la mise en ordre du matériel, au dégraissage des armes larguées et à leur distribution aux autres résistants du Condroz. « Vous savez, avoue-t-il, la clandestinité, c’était avant tout la discrétion. »

anidagger.gifCes opérations ne se faisaient évidemment pas sans risques. « Un jour, la connexion de notre antenne radio s’abîma quelques heures avant le parachutage, explique Jean, qui était chargé des contacts avec l’Angleterre. L’électricien le plus proche se trouvait de l’autre côté de la vallée de l’Ourthe. Je savais qu’à cet endroit des contrôles de la Wehrmacht ou de collabos étaient fréquents. Je n’avais pas non plus l’autorisation des Allemands pour pouvoir circuler à moto ou en voiture. Mais je me devais d’y aller. Sur le retour, je croise des Allemands ! Ils allaient voir que je transportais une radio. J’étais cuit ! Arrivé à leur hauteur, j’ai eu le réflexe de faire… le salut hitlérien. Ils ne m’ont rien demandé et m’ont laissé passer. J’étais sauvé ! Dans ces cas-là, il faut un peu de présence d’esprit et beaucoup de chance.. »

anidagger.gifLa résistance dans cette région du Condroz n’aurait peut-être pas été ce qu’elle fut sans l’aide des fermiers, qui assuraient les ravitaillements. Et de nombreuses familles aussi, qui accueillirent des réfractaires au travail obligatoire en Allemagne, des adultes et des enfants juifs, au péril de leur vie parfois. C’est pourquoi, dans la Résistance, chacun multipliait les précautions. Ainsi, certains soldats de l’Armée secrète cachaient à leurs parents leurs activités quotidiennes par peur d’une dénonciation possible sous la torture. Ces souvenirs semblent peut-être, pour certains d’entre nous, appartenir à un temps révolu. Alors pour rappeler aux nouvelles générations cette partie de l’Histoire dont les acteurs et les témoins se font moins nombreux, les quelque 100 membres que compte la Fraternelle de la « Plaine Sapin » ont construit un autel, symbole de ce que fut l’esprit de la Résistance dans la région. Inauguré le 6 septembre, ce petit monument célèbre les résistants, prisonniers de guerre et combattants, victimes de la guerre. Une manière aussi pour ces « survivants » de tenter d’exorciser une blessure qui leur est allée droit au cœur : le décret flamand Suykerbuyk qui vise à indemniser sur un même pied d’égalité les résistants et les collaborateurs.

    Jean delhez sas   Plaine sapin agetns parachutiste armee secrete belge 1940 1945 1

                  Chaque année plaine sapins nos amicales Paras Commandos rendent hommage 

     Plaine sapin agetns parachutiste armee secrete belge 1940 1945 13      Plaine sapin agetns parachutiste armee secrete belge 1940 1945 3

Plaine sapin agetns parachutiste armee secrete belge 1940 1945 4 Plaine sapin agetns parachutiste armee secrete belge 1940 1945 6 

Plaine sapin agetns parachutiste armee secrete belge 1940 1945 10 Plaine sapin agetns parachutiste armee secrete belge 1940 1945 4 

Plaine sapin agetns parachutiste armee secrete belge 1940 1945 5 Plaine sapin agetns parachutiste armee secrete belge 1940 1945 9

Plaine sapin agetns parachutiste armee secrete belge 1940 1945 11 Plaine sapin agetns parachutiste armee secrete belge 1940 1945 14

Plaine sapin agetns parachutiste armee secrete belge 1940 1945 12 Plaine sapin agetns parachutiste armee secrete belge 1940 1945 16

 Plaine sapin agetns parachutiste armee secrete belge 1940 1945 17 Plaine sapin agetns parachutiste armee secrete belge 1940 1945 8